vendredi 14 avril 2017

Pâques sous haute protection au Kurdistan d'Irak

Hier, Vendredi Saint, je suis allé à Ankawa, le quartier chrétien d'Erbil.

Les églises étaient absolument pleines et, comme beaucoup, j'ai dû assister à l'office de Mar Elia depuis la parvis.

Chants syriaques : même sans comprendre les paroles, difficile de n'être pas sensible à leur force et à leur beauté.

Rituel étrange sur la fin de la cérémonie : un cercueil plein de roses flotte dans l'église et glisse sur les épaules des fidèles. Des mains saisissent des fleurs ou y déposent de gros bouquets. Puis il rejoint l'autel.

Nous défilons lentement.

Dans le cercueil, le mannequin d'un Christ mort, saignant et démembré.

Mort, saignant et démembré...  comme tous ces chrétiens coptes sauvagement assassinés par des fanatiques musulmans en Egypte.

Dehors des dizaines de peshmergas armés protégeaient le bâtiment.

Barzani serait-il un meilleur protecteur des chrétiens d'Orient que Sissi ?



2 commentaires:

  1. Cher Grog,

    Merci pour ce billet, vous assistez aux derniers moments du Christianisme d’Orient, et vous avez de la chance car le syriaque est un dialecte de l’araméen, qui était la langue du Christ !
    Je lisais un article très juste la semaine dernière, (Mathieu Bock-Côté: «Les chrétiens d'Orient sont l'âme de la civilisation européenne») où l’auteur nous rappelait l’atroce rapidité de leur destruction: alors qu’ils étaient 20% de la population dans les années 50 dès nos jours ils ne sont que 3 % !

    Dans le cas de l’Egypte l’occident a une grande partie de responsabilité, puisque c’est l’homosexuel nihiliste Obama qui avait incité la racaille des frères musulmans à se soulever, lors de son apologie de l’islamisme au Caire en 2009, le chaos qui s’est ensuivi n’en est qu’une conséquence.

    Obscurisverainvolvens

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    1. Le rôle d'Obama a en effet été néfaste pour l'Egypte copte. Mais l'intervention de Bush en Irak a aussi été absolument catastrophique pour les chrétiens d'Orient. Il reste la Syrie où les chrétiens doivent leur survie à l'allié russe. Tout cela est bien triste.

      Pour revenir à la Pâque syriaque, des amis présents à l'intérieur de l'église au début de l'office, m'ont dit avoir assisté au déclouement du Christ et à sa mise en bière. Cérémonie sans aucun doute impressionnante - qui se pratique aussi, je crois, dans certains villages en Corse.

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