samedi 5 novembre 2016

Russie : le champignon magique !

Celui qui a la chance de prendre le train pour se déplacer en Russie constate que  les villes n’y apparaissent que comme  des oasis dans une immensité  désertique, que comme  des îles dans un océan de forêts de bouleaux, de plaines plus ou moins cultivées, plus ou moins ondulées.

Et de ces villes – même lorsqu’elles sont  bétonnées, industrialisées et fortement peuplées (comme Togliattti par exemple) – il est cependant facile de s’échapper en quelques minutes de machina ou de marchroutka et de se retrouver ainsi « into the wild ».

Retrouver la nature, opérer un retour à la terre, vivre avec le rythme des saisons : nous en rêvons tous plus ou moins.

En Russie, ce rêve est une réalité.

Rêve qui se réalise tout d’abord grâce à la datcha que toutes les familles russes possèdent : souvent un modeste lopin de terre qui permet de cultiver ses propres fruits et légumes. A l’ère des grandes surfaces et du tout numérique, manger des tomates goûteuses que l’on a soi-même plantées a tout d’un luxe étonnant.

Ce rêve se réalise aussi grâce à de belles échappées dans les bois et les sous-bois.

L’été on va y chercher  les zimlinika – délicieuses petites fraises des bois -  dont on fera des confitures ou que l’on congèlera pour pouvoir les déguster pendant l’hiver. Et attention, il ne s’agit pas de cueillir quelques poignées de fruits pour agrémenter une glace à la vanille ou pour en faire une tarte, mais bien de rapporter à la maison quelques seaux de plusieurs kilos !

En Russie, tous les chemins mènent aux bois !

A l’automne, on va aux champignons, собирать грибы. Et pareillement, le but n’est pas de rapporter de quoi se préparer une omelette mais bien de quoi tenir toute l’année. Dix ou vingt kilos de champignons, voilà l’objectif, voilà une bonne récolte ! Bien-sûr, il y de bonnes et de moins bonnes années pour les champignons : tout dépend de la température, des précipitations et de votre propre disponibilité.



Les deux ou trois jours passés dans les forêts pour recueillir cette précieuse pourriture seront suivis par deux ou trois jours de travail en cuisine pour les mettre en bocaux. Tout d’abord,  les trier, les laver, parfois les faire bouillir, parfois les faire frire, parfois les découper ou les mettre à mariner, à presser, avec de l’ail, du poivre, du vinaigre, des herbes et d’autres ingrédients…

Un presse champignons artisanal !
Les champignons de Paris, les bolées et les cèpes sont peut-être les plus présents dans les magasins français mais dans les forêts russes quand on se baisse, c’est pour ramasser des grousdi, des rijiki, des licitchki, des apyata, des maslata, des baroviki…



Ne sont-ils pas appétissants ces grousdi dodus ?

Tout le monde connaît le caviar, tout le monde connaît la vodka, mais peu de gens savent qu’une table russe qui se respecte doit présenter aux papilles de ses commensaux quelques petites assiettes de champignons. On garde ces  деликатесы (délicatesses) surtout pour les grandes occasions : anniversaires, nouvel an, Noël et autres jubilés.  Les champignons sont servis froids, souvent assaisonnés avec du sel, de l’ail, des oignons et un peu d’huile. Sont aussi possibles la smetana (sorte de crème fraiche) ou, bien-sûr, la mayonnaise !




Les forêts vous attendent !

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