lundi 21 mars 2016

Russie : contrebande ordinaire

Avant-hier matin, mon voisin Sacha - un ours de 2 mètres de haut, 120 kilos au jugé, et 60 ans passés  - est venu frapper à ma porte ; il devait s'absenter une heure ou deux et m'a demandé de lui rendre un petit service : réceptionner une commande particulière sans trop me faire voir des voisins.

J'ai dit oui, et il m'a donné 3500 roubles à remettre à un certain Nicolaï.

40 minutes plus tard, le Nicolaï en question a sonné à l'interphone. Je lui ouvre la porte de l'immeuble, je l'attends sur le pallier et le fait rentrer chez moi. Il était un peu chargé. Je lui remets l'argent et il dépose sur mon parquet (ou plutôt mon lino), ceci :



Ce qu'il y avait dans le carton ?


Et à côté du carton...


De la "petite eau", par bidons de 5 litres - en direct de l'usine de Togliatti.


35 litres de vodka pour 3500 roubles, soit 100 roubles le litre (1 euro 20) ! 500 roubles le bidon. Ce qui est environ trois à quatre fois moins cher que la vodka de base disponible dans les magasins.

Plus tard dans la matinée, Sacha est venue récupérer sa "cargaison" et - pour me remercier - il m'a invité à une petite dégustation le soir même.

Le soir, étaient présentes trois de ses amies - Irina, Anna, Valia. Après dégustations de zakouski, chansons et nombreux toasts, chacune est repartie légèrement éméchée sans oublier son bidon. Petite précision : les amies étaient des babouchkas de 70 ans !

La vodka était excellente, douce, translucide, légèrement poivrée et ronde en bouche.

Pour l'occasion, j'avais apporté un délicieux "caviar rouge" (à 1500 roubles les 500 grammes - la moitié du prix officiel pour un produit ce cette qualité) obtenu  de façon illégale grâce à l'amie d'amie de ma belle-mère, amie qui travaille dans une fabrique de Kamchatka.



Il y a un proverbe russe qui dit "Mieux vaut avoir cent amis que cent roubles".

Et c'est grâce à de tels amis qu'on a toujours- pour une bouchée de pain - de la vodka et du caviar !



6 commentaires:

  1. Franchement, Grog, je ne sais même pas si je dois me réjouir ou pas du contenu du "colis suspect" (désolée, je suis un peu bouleversée par les attentats de Bruxelles). J'aurais préféré qu'il y ait autre chose que la vodka. Ne me dites pas que vous en êtes devenu un adepte fervent. Quant à la faculté des Russes de ramener du travail de différentes choses, c'est connu depuis l'époque soviétique. On disait qu'il était avantageux d'avoir une femme ou une mère cuisinière dans une cantine ou un restaurant, la famille aura toujours de quoi manger le soir)). Il est vrai que l'hospitalité russe n'a pas de limites! Bonne continuation et merci pour le partage! Acia

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    1. Bonsoir Acia, j'ai remarqué que vous n'aimiez pas trop les articles où je parle de la vodka !
      Certes la Russie et la vodka c'est un cliché, mais c'est aussi une réalité - et ce carton du voisin en est la preuve (ainsi que les personnes que je croise presque chaque jour titubant dans les rues de Togliatti, complètement imbibées d'alcool)
      Ce qui est surprenant c'est que cette faculté - qui date de l'époque soviétique - de ramener du travail différentes choses à la maison (et éventuellement de les commercialiser sous le manteau) existe encore aujourd'hui ! Certes il y a de beaux SU-35 dans le ciel mais le vieux trolley-bus des années 70 est encore en service sur l'avenue Leninski... Russie terre de contrastes !

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  2. Bonjour Grog,

    Je ne sais pas si vous connaissez ce poète perse Omar Hayam ou Khayyam mais je l'apprécie beaucoup et vous trouverez facilement ses quatrains en pdf sur le web

    Voici un de ceux-ci

    Aujourd'hui refleurit la saison de ma jeunesse
    J'ai le désir de ce vin d'où me vient toutes mes joies
    Ne me blâme pas, même âpre, il m'enchante
    Il est âpre car il a le gout de ma vie

    Et cet autre

    Bois du vin car tu dormiras longtemps sous l'argile
    Sans un intime, un ami, un camarade, une femme
    Veille à ne jamais dire ce secret à personne
    Les tulipes fanées ne refleurirons jamais

    Bonne lecture

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    1. Bonsoir Ronald, merci beaucoup pour ces beaux quatrains. Figurez-vous que j'ai découvert par hasard ce poète il y a 15 jours à peine - avant de prendre l'avion pour la Russie. C'est donc une grande surprise de le retrouver dans votre message ! J'ajouterai aussi quelques beaux vers :

      Quand la vie s'en va, qu'est Bakh et qu'est Bagdad ?
      Quand notre verre est plein, qu'importe que le vin soit doux, soit âpre !
      Bois du vin ! La lune après toi après moi tant de fois
      Du début à la fin du mois, du début à la fin des temps, brillera !

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  3. Acia, je crois que si Omar Khayam avait vécu en Russie, il aurait écrit non pas "Bois du vin" mais "Bois de la vodka"!
    Très bonne journée (ou soirée) et à bientôt!

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    1. Grrrrr...vous avez gâché un beau vers! Na! Acia

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