samedi 5 mars 2016

au Kurdistan 0,5 + 0,5 = 2

Dans un article précédent, j'expliquais qu'au Kurdistan tous les écoliers apprenaient que
 2 + 2 = 1 !

Opération fantasmatique pour traduire le rêve d'une nation kurde unifiée :

        Kurdistan irakien 
    + Kurdistan syrien 
     + Kurdistan iranien 
+ Kurdistan turc
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= KURDISTAN

Fantasme dont on est bien loin en réalité.

Il suffit de regarder la situation au Kurdistan irakien pour comprendre que le grand Kurdistan n'est, à l'heure actuelle, qu'un mirage.

D'un côté, ERBIL et sa région, dirigée par le clan BARZANI, grand-père (héros fondateur), père (président actuel) et fils (premier ministre actuel).
De l'autre SLEMANI et se région, dirigée par le clan TALABANI.

ERBIL, plutôt pro-américain, brouillé avec Bagdad, et en bons termes avec les Turcs à qui ils vendent du pétrole.
SLEMANI, plutôt pro-PKK (guérilla kurde en guerre avec la Turquie), en relativement bons termes avec Bagdad (Talabani a été président d'Irak pendant plusieurs années), ennemi des Turcs, plutôt pro-Russes.

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Talabani et Barzani, les frères ennemis.

ça vous paraît compliqué ? ça l'est effectivement ! Ce qu'il faut retenir c'est que le Kurdistan irakien lui-même est férocement divisé, et c'est pour ça que j'écris que 0,5 + 0,5 = 2.

Je rappelle que Barzani est le président du Kurdistan irakien mais que son mandat n'est plus valide depuis août 2015 et qu'il se maintient malgré tout au pouvoir sans aucune légalité.

La démocratie au Kurdistan, c'est un peu comme la femme peshmerga : tout le monde en parle mais personne ne l'a vue !

Au Kurdistan, rien ne va plus : 6 mois que les salaires ne sont plus payés. 

Je parlais hier avec un fonctionnaire qui me disait que sur les 8000 dollars qu'il aurait dû toucher ces derniers mois, il n'en avait reçu que 350 ! Comment nourrir sa famille ? Comment payer le médecin ? Comment payer l'essence ? Comment vivre ?!

La colère monte mais le prix du pétrole, lui, continue de chuter. Et pire, depuis 3 semaines la production elle-même est presque arrêtée - suite à la destruction du pipe-line Kurdistan-Turquie par le PKK.

La colère, le désespoir... et depuis quelques jours la rumeur. 

Rumeur : l'UPK (parti de Talabani) et le PKK ("terroristes" kurdes de Turquie) soutenus par l'IRAN vont attaquer Erbil et Barzani. Coup d'état ? Guerre civile ? Nul ne sait vraiment, mais ce qui est sûr c'est que le grand Kurdistan, lui, a complètement disparu des écrans radars.


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