lundi 22 février 2016

Mais où va la Turquie ?

Bravo à l'Institut français d'Erbil et à son sympathique directeur Jany Bourdais qui a pris l'heureuse initiative d'organiser un cycle de conférences - intitulé VU DE L'EXTERIEUR ET EN TOUTE LIBERTE - dont l'objectif est de permettre de comprendre un peu mieux la situation compliquée de la région.


La deuxième, le 9 février dernier, animée par Bayram Balci - chercheur en sciences politiques - s'intéressait à la Turquie.  

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La question était simple : Turquie, comment en est-on arrivé là ?

Comment ce pays qui, il y a quelques années encore, était présenté comme un modèle de réussite économique, sociale et politique (avec une conciliation islam et démocratie dans un contexte de forte croissance) a-t-il pu, après avoir suscité tant d'espoirs, décevoir à tel point ?

Pourquoi ce pays dont Erdogan avait fixé pour objectif le "zéro problème avec les voisins" est-il devenu le pays du "zéro voisin avec zéro problème" ?

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Pourquoi la société relativement unie de la Turquie est-elle devenue si clivée entre Turkmènes et Kurdes ? entre Sunnites et Alaouites ? entre Conservateurs et Progressistes ? entre religieux et laïcs ?

Pourquoi cette dérive autoritaire avec emprisonnement de nombreux journalistes et universitaires ?

Pourquoi cette répression sauvage avec des milliers de morts au Kurdistan turc ? 

Pourquoi ce soutien à DAECH tout en faisant partie de l'OTAN ?

Pourquoi cette folle confrontation avec la Russie (qui lui fournit pourtant 55% de son gaz et pétrole, et qui lui fournissait un apport de devises considérable avec les millions de touristes russes) ?

Pour Bayam Balci la dérive autoritaire du régime n'était pas inscrite dans ses gènes mais est le fruit du contexte, plus précisément la conséquence de la guerre en Syrie.

Guerre dans laquelle la Turquie - ennemie jurée de Bachar-el-Assad - est totalement impliquée.

Comment tout cela va-t-il finir ? Nul ne le sait.

Motif d'inquiétude supplémentaire : Erdogan trempe dans tellement d'histoires louches qu'il ne peut plus quitter son sultanat sous peine d'être condamné. Il risque donc de s'accrocher au pouvoir et de semer le chaos pour sauver sa tête.

Petite raison d'espérer cependant : Erdogan a toujours respecté le verdict des urnes. S'il perdait le soutien du peuple turc - qui jusqu'à maintenant est largement avec lui - il démissionnerait sans doute. (Accomplissant ainsi un destin à la De Gaulle ?)

Réponse dans quelques mois car dans cette région l'Histoire, qui s'écrit avec une grande hache, va très très vite !

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