vendredi 4 décembre 2015

ERBIL : d'un consulat l'autre.

Les consulats se ressemblent un peu tous à Erbil : de vraies forteresses bien protégées.

Le consulat de France - collé à l'Institut français - avec son T-WALL blanc à liseré jaune est plutôt joli et bien placé - à 5 minutes à pied de la citadelle et 10 minutes du parc Abdul-Raman.



Il y avait souvent de longues files d'attente pour les demandes de visas mais depuis les attentats du 13 novembre à Paris, elles sont plus rares. Un diplomate m'a expliqué que les demandes de visas ont été divisées par deux. Non pas par crainte d'une guerre civile française mais à cause de la fermeture des frontières. Ce qui semble prouver que la France est une destination de transit pour les migrants légaux.

Le consulat des USA, dans le quartier d'Ankawa, lui, fait peur. Grands murs en béton de 5 mètres de haut, fils barbelés, caméras, peshmergas de garde, et depuis l'attentat à la bombe d'avril dernier, la rue est coupée à la circulation. Il y a encore un trou noir dans la chaussée au lieu de l'explosion et les boutiques détruites n'ont pas été reconstruites. C'est lugubre.


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Enfin, il y a le consulat de Russie. A l'extérieur de la ville. Une sorte de Kremlin oriental. Avec des défenses antichars agrémentées de vastes piques métalliques sur lesquelles on craint de s'empaler. J'ai dû m'y rendre il y a quelques jours pour obtenir un visa car j'espère passer Noël en Russie.
C'était comme dans James Bond.
Dehors le bruit et la poussière d'une grande route, les sentinelles aux kalachs, les pieux antichars.
Puis le sas : un rambo russe - pistolet à la ceinture et la main sur le pommeau d'un énorme poignard qu'il semblait prêt à dégainer - me contrôle et me fait franchir les deux ou trois portes blindées qui mènent à un calme jardin.
Là, un jeune diplomate élégant et souriant m'accueille sur le seuil d'une jolie demeure et me conduit dans un grand salon. Assis dans de confortables fauteuils nous avons parlé de mon voyage en Russie, de mon visa, et des papiers nécessaires à son obtention. 15 minutes et 200 dollars US plus tard, tout était réglé.

J'irai donc passer Noël en Russie si Dieu veut et :
- si l'aéroport d'Erbil ne ferme pas de nouveau à cause de missiles russes.
- si la crise Russo-Turc ne dégénère pas
- si les liaisons aériennes Istanbul-Moscou de la Turkish Airline ou d'Aéroflot sont maintenues

Cela fait beaucoup de "si" mais c'est ainsi qu'on va à Togliatti, la perle de la Volga ! 

5 commentaires:

  1. Cher Grog,
    je pense et espère que vous irez en Russie à Noël... il est vrai que pour ce moment, mieux vaut une destination froide... je vous confirme que d'autres consulats français dans le monde connaissent les mêmes effrois !
    Bien cordialement

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    1. Bonsoir Mahmoud, en effet s'éloigner des points chauds devrait permettre de mieux savourer la paix de Noël.
      Nous fermons notre porte à clef le soir, car nous nous méfions des autres individus ; les consulats se blindent car ils se méfient des autres états (ou des organisations qui prétendent l'être). L'homme loup pour l'homme !?
      Vivriez-vous aussi à l'étranger pour évoquer ainsi la délicatesse bétonnée des représentations consulaires ?
      Bien à vous.
      Grog

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  2. Bonsoir Grog, ne pourrais-tu pas transiter plutôt par Téhéran ? (Erbil-Teheran-Moscou-Togliatti, ou Erbil-Teheran-Frankfurt (ou Prague)-Samara me semblerait plus indiqué, la Turquie vient de commencer à envahir l'Irak (25 chars + fantassins au sol sur Mossoul au Kurdistan irakien), ce qui risque très rapidement de tendre encore un peu plus relations Turquie-Russie et Turquie-Iran si ces 2 puissances décident de soutenir leurs troupes de Bagdad et/ou les peshmergas à proximité de Mossoul... . Bon courage Grog, nous sommes de tout coeur avec vous, Счастливо ! С праздинком !

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    1. Bonsoir Eric, spassiba za saviet ! J'avais pensé passer par Everan en Arméne, Tibilissi en Georgie ou Dubai mais c'est toujours très long avec des escales et très cher. Hélas, c'est pareil pour Téhéran, et il faut transiter par Istanbul. J'ai aussi envisagé un autocar grande ligne jusqu'à la Georgie (via la Turquie) mais avec ma petite fille, ça risque d'être délicat. Affaire à suivre donc.
      Pour l'ultimatum de Bagdad à la Turquie, je n'arrive pas à savoir s'il est motivé par la défense de l'intégrité territoriale irakienne ou par le désir d'embêter les peshmergas kurdes (qui devaient être formés par les Turcs) que Bagdad déteste.
      Quand on sait que Mossoul est aux mains de l'Etat islamique, on se demande presque si les troupes turques ne sont pas là pour soutenir le Califat !

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