mardi 27 octobre 2015

Ferhad PIRBAL, poète kurde de l'exil

En fouillant dans les armoires de la bibliothèque de l'Institut français d'Erbil, je suis tombé par hasard sur un petit recueil de poésie publié en 2008. Une trentaine de feuillets A4 modestement agrafés. L'oeuvre, traduite en français, d'un certain Ferhad PIRBAL.

Certains poèmes m'ont touché.

Quelques extraits...

A

Paris
quel-
que fois
je   monte
au    sommet
de     la     Tour
E    i     f     f     e     l
de   là,   tous   les   lieux
m'  a  p  p  a  r  a  i  s  s  e  n  t
sauf                                   Erbil


*


Une très longue poésie pour ma mère



























Tu me manques...




*



Ma vie en quelques lignes




Un ballon
Quelques filles
Quelques routes
Quelques mots...



*



NOM



Gjarina
Gîrajna
Garjania
Gayrajana
Garanija
Graynaja


Que ton nom est difficile, Granîja !




*



M




Kafka dit : tout est noir.
James Joyce dit : tout est gris.
Modigliani dit : tout est long cou mince.
Strindberg dit : tout est conflit perpétuel entre l'homme et la femme.
Darwin dit : tout est gloire aux vainqueurs.
Lawrence dit : tout est sexe.
Einstein dit : tout est relatif.
Marx dit : tout est argent.
Gorki dit : tout est lutte de la classe ouvrière.
Breton dit : tout est rêve.
Aragon dit : tout est Elsa.
Hedâyat dit : tout est fantaisie.
Monet dit : tout est coton.

Et moi je dis : tout est malheur de ne pouvoir étreindre la beauté.




*


A Bernard Kouchner


Si tu vois une maison dont le jardin est mal entretenu,
Cela veut dire que la relation entre la femme et l'homme n'est pas bonne.

Si tu vois une rue sale
Cela veut dire que la relation entre le peuple et l'Etat n'est pas bonne.

Si tu vois un trottoir tâché de sang
Cela veut dire que toute l'humanité veut s’entre-tuer. 




Il faut toujours être un peu ivre pour apprécier la poésie.
Rien de tel pour cela qu'une bonne FARIDA de Bagdad !


5 commentaires:

  1. C'est pour quand un futur poème de Grog? acia

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    1. Bonsoir Acia, ce poème ce n'est pas pour tout de suite ! Je suis dans une phase plutôt végétative... J'espère en sortir un jour et donner ainsi raison à Nicolas Gomes Davila lorsqu'il déclarait :
      "Nous devons demander à la vie de nous laisser végéter, parce que c’est notre seule chance de fleurir."

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    2. Écrire une poème relève de l'intime et il faut déchirer le voile de la pudeur et s'offrir au monde. Cela demande du temps pour être prêt à être examiné.
      Personnellement, je végète depuis fort longtemps.
      Certes, il reste le lot commun de écrivaillons qui ne se dévoilent pas et cherche non pas à s'offrir mais à retirer du plaisir en flattant le bandeau.
      En clair une sorte de rage leur tient lieu de verve.

      P.S. la dernière phrase est une contrepèterie mais je n'ai pu m'en empêcher.
      P.P.S. Bien à vous Grog vous êtes déjà admirable sans vous dévoiler plus

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    3. Bonsoir Ronald, content de vous lire,et merci pour le compliment !
      Je crois que je n'ai pas votre mail, pourriez-vous me le donner à l'adresse suivante : groglefrog@gmail.com.
      Eh oui, il nous faut penser sérieusement à notre traversée de la Russie en Jigouli, depuis la Crimée jusqu'au pays des Nenets d'Acia (via Togliatti, kaniechna).
      A bientôt !

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    4. Ah, je crois moi que Grog s'est déjà bien dévoilé dans ses billets (dans certains billets même beaucoup), autrement vous ne m'auriez probablement pas vue sur ce blog! Merci pour le clin d'oeil, Grog ;) Acia

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