jeudi 18 juin 2015

LE CID n'a pas une ride !

Sarkozy nous avait donné envie de relire - pour notre plus grand bien et plaisir - La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette.

Le couple Hollande-Valls, pour d'autres raisons, nous pousse aujourd'hui à relire ce klassik de notre littérature : Le Cid, de Corneille.

Ecrit et joué en 1637, certains thèmes abordés sont - presque quatre siècles après - d'une troublante actualité.

A l'heure où la mairie socialiste de Paris - dans son acharnement anticivilisationnel - subventionne à coups de milliers d'euros des artistes dont le génie consiste à écrire sur les murs de la Capitale 


La France aux Français
Les Françaises aux Africains


relire Corneille c'est entrer en résistance, c'est mettre la langue française à l'honneur, et remettre l'honneur au cœur de nos vies.

Relire Corneille, c'est dire haut et fort que nous ne nous rendons pas, et que même, nous contre-attaquons.

Comme Rodrigue !


DON DIEGUE (III, 6)
Il n'est pas temps encore de chercher le trépas :
Ton prince et ton pays ont besoin de ton bras.
La flotte qu'on craignait, dans ce grand fleuve entrée, 
Croit surprendre le ville et piller la contrée.
Les Mores vont descendre, et le flux et la nuit
Dans une heure à nos murs les amènent sans bruit.
La cour est en désordre, et le peuple en alarmes :
On n'entend que des cris, on ne voit que des larmes.
Dans ce malheur public mon bonheur a permis
Que j'ai trouvé chez moi cinq cents de mes amis,
Qui sachant mon affront, poussés d'un même zèle, 
Se venaient tous offrir à venger ma querelle.
Tu les a prévenus, mais leurs vaillantes mains
Se tremperont bien mieux au sang des Africains.

DON RODRIGUE (IV,3)
Sous moi donc cette troupe s'avance,
Et porte sur le front une mâle assurance.
Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port.
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient de courage ! (...)

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Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ;
L'onde s'enfle dessous, et d'un commun effort
Les Mores et la mer montent jusques au port.
On les laisse passer ; tout leur paraît tranquille :
Point de soldats au port, point aux murs de la ville.
Notre profond silence abusant les esprits,
Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris ;
Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent,
Et courent se livrer aux mains qui les attendent.
Nous nous levons alors, et tous en même temps
Poussons jusques au ciel mille cris éclatants.
Les nôtres, à ces cris, de nos vaisseaux répondent ;
Ils paraissent armés, les Mores se confondent,
L'épouvante les prend à demi-descendus ; 
Avant que de combattre, ils s'estiment perdus.
Ils couraient au pillage, et rencontrent la guerre ;
Nous les pressons sur l'eau, nous les pressons sur terre, 
Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang,
Avant qu'aucun résiste ou reprenne son rang. (...)

ô combien d'actions, combien d'exploits célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténébres,
Où chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnait,
Ne pouvait discerner où le sort inclinait !
J'allais de tous côtés encourager les nôtres,
Faire avancer les uns, et soutenir les autres, 
Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour,
Et ne l'ai pu savoir jusques au point du jour.
Mais enfin sa clarté montre notre avantage :
Le More voit sa perte et perd soudain courage ;
Et voyant un renfort qui nous vient secourir,
L'ardeur de vaincre cède à la peur de mourir.
Ils gagnent leurs vaisseaux, ils en coupent les câbles,
Poussent jusques aux cieux des cris épouvantables,
Font retrait en tumulte, et sans considérer
Si leurs rois avec eux peuvent se retirer.
Pour souffrir ce devoir leur frayeur est trop forte :
Le flux les apporta ; le reflux les remporte.


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