mercredi 17 décembre 2014

De la nécessaire RUSSIFICATION PEDAGOGIQUE de l'enseignement français.


C'est étrange, cette quasi certitude que les réformes de l'actuelle ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, ne changeront absolument rien à la catastrophe en cours. Changer les boiseries du bateau quand le bateau coule, ne sauvera pas le bateau...





La véritable crise de l'Education nationale n'est ni économique, ni sociologique, ni pédagogique, mais morale. Dans tous les établissements où j'ai enseigné en France, j'ai toujours trouvé punaisée dans un coin de la salle des profs, comme un aveu, comme une plainte, comme un appel honteux, cette page de Platon :

Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant les élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien et de personne,
Alors, c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie.

Autrement dit, la crise morale n'est rien d'autre que la crise de l'Autorité.

Je me souviens du collège Flora Tristan de Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines, où je passai un petit trimestre : quatre élèves avaient été hospitalisés depuis le début d’année à la suite de plusieurs bagarres dans la cour ou dans les environs immédiats de l’établissement.
La direction ne trouva cependant rien de mieux que d’organiser une journée de réflexion pour les professeurs avec les ateliers suivants : « Les élèves et les arts », « Les élèves et la citoyenneté», « Les élèves et les nouvelles technologies», « Les élèves et le sport ».
Direction indigne.

Autre aberration morale, autre exemple : cette sortie en catamaran organisée en Martinique.
Une seule classe pouvait y aller.
Au lieu de récompenser la meilleure et de leur offrir cette virée en mer, l’équipe pédagogique et administrative décida d’y envoyer la pire classe, la mienne.
Les pauvres petits qui s’étaient battus en cours à coups de chaises et de tables, qui avaient envoyé des camarades à l’hôpital le crâne ensanglanté, qui avaient insulté moult professeurs, cassé et volé du matériel au collège ou chez les commerçants où ils faisaient des stages, méritaient un peu de douceur.
Ce n’était pas tout.
Cette sortie était financée par une campagne de lutte contre le sida, et mes petits 4èmes se virent remettre par les organisateurs des préservatifs et des brochures expliquant – et donc banalisant- le cunnilingus, la fellation et la sodomie.
Et c’est ainsi que l’Education nationale,  au lieu d’éduquer et d’élever les enfants, se fait complice de la pornographie ambiante.

La distribution automatique par les infirmières scolaires, dans les collèges et les lycées, de la pilule abortive, dite « du lendemain », s’inscrit dans ce même processus de « mauvaise éducation » qui rend possible et presque banal cette anecdote que mon ami Medhi Laouar, enseignant au collège de la Mauldre, à Maule dans les Yvelines, m’a fait parvenir.

Je le cite :
« En 2011, à Maule, une élève de 5èB à qui je donne une punition pour bavardages s'agace et crie plusieurs fois à haute voix "Pourquoi moi !" 
Après l'heure de cours je vérifie les tables comme à chaque fois. Et là je lis sur la table où elle est assise seule "Pourquoi moi Laouar PD Laouar enculé..." 
Je demande alors aux élèves nouvellement entrés de bien vouloir prendre des photos (il faut dire qu'une année, à Sarcelles, l'ouvrier de service effaça discrètement des insultes sur des tables pour protéger son propre fils scolarisé dans la classe en cause). 
En fin de journée, je vais voir la principale-adjointe qui me demande d'apporter des preuves de la culpabilité de l'élève. Face à l'évidence des photos, elle me répond : "Bon écoutez Monsieur Laouar, cette jeune fille vient d'avoir son premier rapport sexuel cette semaine et c'est toujours un moment difficile et perturbant pour une jeune fille... Vous comprendrez qu'elle ait pu agir ainsi... l'affaire est réglée, il n’y aura donc pas de sanctions". »

En Russie, tout est différent.
On ne développe pas le SOCLE COMMUN DES COMPETENCES ET DES CONNAISSANCES - cet affreux machin qui ne sert à rien et fait perdre du temps à tout le monde - mais on remet à l'ordre du jour la pratique du lancer de grenade !

A l'école 93 de Togliatti, où j'ai travaillé les années précédentes, il y a un petit musée.
Sur les murs sont accrochés des bazookas, des kalachnikovs, un parachute et des uniformes militaires.
Des panneaux présentent, avec de nombreuses photos, l’histoire de la Russie, les héros, la Grande guerre patriotique aux vingt millions de morts, et la pacification de la Tchétchénie.
Impensable en France.
Le responsable du lieu m'apprend qu’il y a, l’après-midi, des ateliers montage et démontage d'AK-47 ouverts à tous les élèves.
L’amour de la patrie n’est pas chose honteuse en Russie.
J’imagine déjà un Français hurler au poutinisme, au fascisme et à la tyrannie russe.

Pourtant tout est lié, tout s'emboîte comme des poupées russes.
Comment voulez-vous respecter votre professeur, vos parents, les anciens, si vous ne respectez ni Dieu ni Patrie ?




L'équation de la réussite éducative russe tient dans cette formule simple : AUTORITE = CALME = TRAVAIL.
L'équation de l'échec français (suppression des notes, interdiction du travail à la maison, interdiction du redoublement, approches ludiques, intuitives, inductives, collectives, collège pour tous, Socle pour tous, Bac pour tous, fac pour tous, compétences, items, appétences, enfant-roi, découvertes artistiques, rythmes aménagés, dialogues des cultures, expression de soi) peut s'écrire comme ça : JEUX = PLAISIR = TRAVAIL. 

Quand aura-t-elle lieu la russification pédagogique de l’Education nationale qui – tel le parc Jurassique de Spielberg– pourrait seule réanimer ou ressusciter cette espèce en voie de disparition ou peut-être déjà disparue qu’est le mammouth ?

Quand aura-t-elle lieu la russification pédagogique pour que meure le prof et renaisse le professeur ?

Quand aura-t-elle lieu la russification pour abattre le tyran, cet élève ignare, capricieux qui dérespecte l’ordre et se croit tout permis ?

Quel président audacieux aura le courage de confier cette réforme, ou plutôt cette contre-offensive, au ministre de la Défense, seul compétent pour sauver la Nation ?

L’heure est grave, l’avenir sombre si les adultes complices et la jeunesse pourrit !

Et qu’on n’aille pas dire que le ministère de la Défense n’est pas qualifié pour une telle mission : j’ai vu et entendu - lors de mon bref passage à la Légion étrangère - des légionnaires chinois, roumains, croates, serbes, russes, turcs, pakistanais, chiliens, irlandais - et j’en passe - parler parfaitement français !




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