lundi 10 novembre 2014

LA TABLETTE MAGIQUE de François Hollande !

Précepteur en Russie, j’ai pris le large de l’Education nationale il y a plus de trois ans : je n’avais pas envie de vivre dans les entrailles d’un Mammouth qui se putréfie chaque jour davantage.




J’ai peut-être eu tort de m’inquiéter et de partir car le magicien François Hollande – après avoir inversé la courbe du chômage - a prévu de faire disparaître tous les problèmes qui gangrènent les collèges.

Comment fera-t-il ? Mais bien sûr,  à coups de tablettes magiques ! C'est là sa dernière promesse annoncée lors de son récent passage à la télé. Des tablettes pour tous les collégiens, et en avant vers la Révolution numérique !



Ah, j’aimerais bien aussi avoir une tablette magique pour effacer ces joyeux souvenirs...


Je me souviens du désarroi de Jean-Marc à Carrières-sous-Poissy, dans les Yvelines, lorsqu’il découvrit un soir, après un conseil de classe, les pneus de sa voiture, crevés, sa carrosserie, éraflée. Il avait eu la mauvaise idée de respecter le programme officiel et de faire étudier, en tant que « texte fondateur », un passage de la Bible. Les grands frères de ses petits 6èmes n’avaient manifestement pas apprécié cette initiative.

Toujours à Carrières-sous-Poissy, ces collégiens – jamais attrapés, jamais punis - qui profitèrent de la pause déjeuner pour déféquer en groupe devant la porte de la salle de français de ma collègue Gaëlle qu’ils n’appréciaient pas.

Ou encore, à Maisons-Laffitte, banlieue chic des Yvelines.
Ce collègue, Gurvan, que je remplaçai et dont j’appris progressivement le calvaire vécu :
Tout d’abord bombardé de boulettes de gommes.
Plus tard, dans un brouhaha continu, la chemise et les habits maculés d’encre.
Pour finir ses cheveux bouclés, souillés par des chewing-gums inextricables.

Je me souviens aussi de mon collègue de biologie Bruno à Godissard en Martinique.
Depuis le couloir, les élèves avaient frappé à la porte close de sa classe, toc toc toc.
« Entrez, avait-il répondu. »
Silence des élèves.
Puis toc toc toc de nouveau.
Ils entendent les pas du professeur qui s’approche,
et quand ils ont la certitude qu’il est là, juste derrière, à leur merci, 
ils ouvrent la porte violemment, et réussissent ainsi à
lui cogner la tête
lui casser le nez
et l’assommer
sous les yeux et le rire de sa classe.

Ou encore Florence cette discrète collègue stagiaire qui du jour au lendemain n’était plus venue à l’IUFM. Disparition bien explicable.
Elle faisait cours.
La porte s’ouvre.
Trois élèves encagoulés se précipitent dans la salle.
Chacun porte un gobelet Mac-Donald dans la main.
Ils l’aspergent d’urine.
Et disparaissent.
Des élèves ?
Des crétins ?
Des barbares.
Brighelli a raison.

Et ces souvenirs ont trois ans, déjà.

Trois ans, c’est l’époque où les petits caïds des banlieues faisaient encore l’apologie du dealer (mon frère, il gagne en un jour, ce que vous gagnez en un mois), et qu'on pouvait encore essayer de les raisonner en leur montrant que cet exemple risquait de les conduire en prison.

Mais que répondre aux collégiens et lycéens qui aujourd’hui font l’apologie du jihad ?

Que répondre à ceux qui disent qu’il faut égorger les chrétiens et les juifs, et qu’il n’y a rien de plus doux que de mourir en martyr sur un tas de cadavres d’infidèles ?

Pas besoin de répondre.

Il suffit de leur donner une tablette !





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