jeudi 9 octobre 2014

SAINTE RUSSIE : Récits d'un pèlerin russe !

Aujourd'hui, pour la rubrique SAINTE RUSSIE, l'incipit du Récits d'un pèlerin russe, texte anonyme russe du XIXème siècle.

Qu'on soit croyant ou non, ce texte est - selon moi - un des plus beaux de la littérature occidentale.

Qu'est-ce que l'homme ? 

Un être de manque et de désir - en quête d'absolu.





Par la grâce de Dieu, je suis homme et chrétien, par actions grand pécheur, par état pèlerin sans abri, de la plus basse condition, toujours errant de lieu en lieu.

Pour avoir, j'ai sur le dos un sac avec du pain sec, dans ma blouse la sainte Bible et c'est tout. 

Le vingt-quatrième dimanche après la Trinité, j'entrai à l'église pour y prier pendant l'office ; on lisait l'Epître de l'Apôtre aux Thessaloniciens, au passage dans lequel il est dit : Priez sans cesse

Cette parole pénétra profondément dans mon esprit et je me demandai comment il est possible de prier sans cesse alors que chacun doit s'occuper à de nombreux travaux pour subvenir à sa propre vie. 

Je cherchai dans la Bible et j'y lus de mes yeux exactement ce que j'avais entendu - il faut prier sans cesse, prier par l'esprit en toute occasion, élever en tout lieu des mains suppliantes. 

J'avais beau réfléchir, je ne savais que décider.

Que faire - pensai-je - où trouver quelqu'un qui puisse m'expliquer ces paroles ? 

J'irai par les églises où prêchent des hommes de renom, et, là peut-être, je trouverai ce que je cherche. 

Et je me mis en route.
(traduction de Jean Gauvin)





Un seul petit chagrin à la lecture de ce texte : le fait que l'injonction "Priez sans cesse" soit comme tronquée, comme amputée de son corollaire ou plutôt de sa source : la joie.

Relisez l'Epître aux Thessaloniciens, et vous verrez qu'il est en fait écrit :

"Soyez toujours joyeux, priez sans cesse"


Au lecteur athée qui serait parvenu jusqu'à cette ligne et qui ricanerait, j'offrirai une petite remarque de Nicolas Gomez Davila, le Colombien magnifique :

Ce n'est pas parce que les critiques adressées au christianisme paraissent fondées qu'on cesse de croire, 
c'est parce qu'on cesse de croire que ses critiques paraissent fondées.


En route, mauvaise troupe !


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