dimanche 24 septembre 2017

Kurdistan / Sud-Soudan : même combat ?

A quelques heures du référendum consultatif pour l'indépendance du Kurdistan d'Irak, il peut être intéressant de relire le compte rendu de la conférence d'ALAIN GRESH à l'Institut français d'Erbil en février 2016.

***

 (...)Tout l’auditoire attendait avec impatience l’analyse d’Alain GRESH sur la situation présente. Les Kurdes, il me semble, pensaient qu’ils trouveraient en lui un allié, une caution intellectuelle, quelqu’un qui leur dirait « le Kurdistan indépendant est une idée juste, vous avez raison de vous battre pour réparer l’injustice liée à la non-application du Traité de Sèvres, etc. »

Que Nenni.

Douche froide.

Après avoir dit que la plus grande ville kurde au monde était Istanbul et qu'un petit Etat  (car le Kurdistan - irakien - avec ses 9 millions d'habitants, ce n'est pas bien grand) n'était pas nécessairement une bonne chose à l'heure de la mondialisation, Alain GRESH a développé un parallèle entre l’éventuelle indépendance du Kurdistan et la situation actuelle de guerre civile au Sud-Soudan. Comparaison bien péjorative pour le peuple peshmerga.

Enfin, pour bien enfoncer le clou, il a avancé l’idée que l’Etat-Nation – qui a causé tant de souffrances au 19ème et au 20ème siècle – était un idéal périmé et dangereux pour lequel il ne valait pas la peine de mourir et que l’heure devait être au dépassement du nationalisme, à la coexistence pacifique et à l’acceptation de la diversité : les dents grinçaient dans la salle.

De toute évidence, l’ancien directeur du Monde diplomatique n’a pas cherché à flatter son auditoire ! Une certaine forme de courage et d’intégrité, non ?


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vendredi 22 septembre 2017

Le cyclone kurde ?

Reçu un mail du consulat de France à Erbil - capitale du Kurdistan d'Irak.


Referendum du 25 septembre : évitez les déplacements, veillez à disposer d’un réserve suffisante en eau et en nourriture pour les prochains jours, maintenez le contact avec vos proches et restez joignables H24  par téléphone ou par courriel. En cas d’urgence uniquement, les numéros du consulat sont les suivants : 07 51 23 56 974 ; 07 50 67 08 197 ; 07 71 45 60 09 34.




samedi 16 septembre 2017

« Pourquoi l’intervention militaire russe en Syrie est un succès »

Il y a quelques mois, il aurait été impossible de trouver dans LE MONDE un article neutre ou vaguement favorable à la Russie.

Mais depuis que le président Macron a invité Vladimir au Trianon et qu'ils se parlent au téléphone, la Russie semble de nouveau fréquentable...

Ainsi je m'étonne et je me réjouis de trouver l'article suivant :

Dans son blog, l’historien Michel Goya explique comment l’intervention militaire russe en Syrie, commencée en 2015, a atteint son objectif premier : sauver le régime de Bachar Al-Assad.

Dans une analyse publiée mardi 12 septembre, « Tempête rouge - Enseignements opérationnels de deux ans d’engagements russes en Syrie », le colonel Michel Goya, historien et auteur du blog La voie de l’épée, expose brillamment les raisons du succès de l’intervention russe en Syrie. L’auteur a autorisé Le Monde à publier des extraits de son texte.

L’intervention militaire russe, un succès dont peuvent être tirées des leçons opérationnelles

« Cette intervention est un succès car elle a permis d’atteindre son objectif politique premier, qui était de sauver le régime syrien alors en grande difficulté, et même de contribuer à sa victoire probable. Le corps expéditionnaire russe a largement contribué à l’endiguement des forces rebelles à la fin de 2015. Puis, en particulier avec la prise d’Alep, à la conquête presque définitive du grand axe de l’autoroute M5, centre de gravité du conflit, pendant l’année 2016. Avant de lancer une campagne dans l’est désertique jusqu’au dégagement de l’aéroport de Deir ez-Zor, assiégé par l’[organisation] Etat islamique. La guerre est encore loin d’être terminée, mais elle ne peut plus désormais être perdue par Bachar Al-Assad.

« Il est intéressant de constater que ces résultats ont été obtenus avec des ressources assez limitées. Elles représentent, par les forces engagées (4 000 à 5 000 hommes et 50 à 70 aéronefs comme force principale) et leur coût d’emploi (environ 3 millions d’euros par jour) environ le quart ou le cinquième de l’effort américain dans la région. L’opération française au Levant, « Chammal » (1 200 hommes et environ 15 aéronefs, un million d’euros par jour), représente une moyenne de 6 sorties aériennes par jour, pour 33 pour les Russes.

« Au regard des résultats obtenus, il est incontestable que les Russes ont une productivité opérationnelle (le rapport entre les moyens engagés et leurs effets stratégique) très supérieure à celle des Américains ou des Français. 

La stratégie du « piéton imprudent » des Russes

« Le dispositif russe, engagé massivement et par surprise, a d’emblée été complet. Il n’a pas été précédé d’une phase déclaratoire, ni graduellement diversifié et renforcé comme celui de la coalition américaine (chasseurs bombardiers, puis avions d’attaque, puis hélicoptères d’attaque, puis pièces d’artillerie, etc.).

« La guerre en Syrie est une guerre « mosaïque », c’est-à-dire qu’elle n’engage pas deux camps mais plusieurs, à l’instar de la guerre civile au Liban de 1975 à 1990. Ces camps et leurs sponsors ont des objectifs différents qui les amènent à converger ou diverger selon les situations, ce qui rend le conflit à la fois complexe et stable. Un paramètre essentiel est qu’en général, les sponsors rivaux, en particulier les Etats-Unis et la Russie, n’ont aucune intention de s’affronter directement et évitent donc, pour en limiter le risque, de se rencontrer. Par voie de conséquence, l’occupation éclair du terrain par l’un empêche mécaniquement l’autre, placé devant le fait accompli, d’y pénétrer. C’est la stratégie du « piéton imprudent » qui traverse une route et oblige les conducteurs de voitures à s’arrêter, que l’URSS et la Russie ont pratiqué régulièrement.


Une « bulle » de défense aérienne

« A partir du moment où les Russes ont ouvertement planté le drapeau en Syrie et occupé l’espace, notamment aérien, les choses devenaient d’un seul coup plus compliquées pour les autres. Un des premiers éléments du corps expéditionnaire russe déployé a été un dispositif antiaérien moderne avec quelques intercepteurs, mais surtout, point fort russe, des systèmes sophistiqués de missiles sol-air ou mer-air, en particulier S-300 puis S-400. Il ne s’agissait pas de faire face à la menace aérienne rebelle, inexistante, mais bien d’imposer une zone d’exclusion aérienne aux autres acteurs extérieurs, en particulier les Etats-Unis, entravés de cette façon sur un théâtre d’opération pour la première fois depuis la guerre froide. Les Etats-Unis auraient pu jouer cette carte de l’exclusion du sol, et au moins du ciel par l’engagement de systèmes tactiques efficaces. Ils n’ont pas osé.

Le déblocage de la « crise tactique » par l’arme aérienne

« Le déblocage a été obtenu essentiellement grâce à la brigade aérienne mixte d’aviation russe. Si son volume a varié, il n’a jamais dépassé les 70 aéronefs, chiffre très faible pour une armée qui en aligne théoriquement près de 2 000.

« Sa composition, très variée, a évolué avec le temps en combinant toujours avions et hélicoptères, en privilégiant ces derniers avec le temps. Il faut ajouter à cette force au moins une batterie de la 120e brigade d’artillerie, dotée de lance-roquettes multiples BM-27 Uragan, plusieurs drones de type Dozor 600 ou Altius, similaires aux MQ-1B Predator américains, et un avion de reconnaissance électronique Il-20 M1. Il faut également y ajouter plusieurs compagnies de forces spéciales.

« L’élément-clé de la doctrine russe reste les opérations combinées. Elles visent à s’emparer de points-clés, à disloquer des dispositifs ennemis, et, pour certaines factions avec qui il est possible de négocier, à exercer une pression suffisante sur elles et les populations environnantes pour les amener à céder, quitte à accepter – c’est une particularité du conflit – des transferts de combattants. La principale modification du dispositif russe a d’ailleurs été, en février 2016, la création d’un Centre de réconciliation destiné à la diplomatie de guerre, la protection des transferts de combattants et, avec les autorités civiles, les ONG et les Nations unies, l’aide à la population. Ce centre de réconciliation est aussi très clairement un organe de renseignement.

« La brigade aérienne a donc été engagée dans plusieurs dizaines d’opérations combinées, à un rythme très élevé (1 000 sorties mensuelles en moyenne), rendu possible par la proximité des bases de la ligne de contact, Hmeimim en premier lieu, à 25 kilomètres au sud de Lattaquié, mais aussi les bases avancées de Shairat ou de Tiyas, près de Palmyre.

Une diminution des victimes civiles

« Selon le site Airwars, plus de 2 000 civils syriens auraient été tués dans les cinq premiers mois de la présence russe. Les pertes civiles ont cependant nettement diminué par la suite, en fonction des fluctuations de l’engagement, mais aussi de l’acquisition d’expérience des pilotes et de l’emploi de matériels plus sophistiqués, en particulier les hélicoptères d’attaque Mi-28N et Ka-52, qui ont remplacé les Su-25 dans les missions d’appui.

« Les opérations de 2016 et surtout de 2017 sont la preuve de l’excellence maîtrise désormais acquise dans l’organisation des opérations combinées. On est très loin des cafouillages survenus lors de la guerre de 2008 contre la Géorgie.

« Les pertes civiles ont eu tendance également à diminuer, même si elles restent élevées. Airwars les estime à ce jour entre 4 000 et 5 400 au total, à comparer aux 5 300 à 8 200 attribuées à la coalition américaine, agissant il est vrai depuis août 2014, mais avec une bien plus grande proportion de munitions guidées.


« Côté russe, les pertes humaines s’élèvent à 17 officiellement, en réalité sans doute entre 36 et 48, ce qui reste très faible. La principale surprise concerne finalement l’absence d’engagements d’unités terrestres au combat. La Russie a sans doute voulu limiter les coûts et les risques.

Tests par les Russes de matériels et méthodes nouveaux

« L’intervention a été l’occasion de raids de bombardements à longue portée réalisés par la marine, notamment le 7 octobre 2015, quand les quatre navires de la flotte de Caspienne ont lancé 26 missiles de croisière 3M14 Kalibr, dont 22 ont atteint leur cible, ou le 17 novembre 2015, avec un raid de 23 bombardiers à long rayon d’action Tu-22M3, Tu-95 et Tu-160 utilisant à leur tour des missiles de croisière KH-555. L’aviation à long rayon d’action est intervenue aussi régulièrement, en juillet 2017, par exemple avec des Tu-95 MS et des missiles KH-101. Cette première campagne russe de bombardement en profondeur a visé d’abord, bien sûr, à tester un certain nombre d’armements et d’équipements modernes, mais surtout à les montrer.

« L’intervention est évidemment l’occasion pour les forces armées russes d’expérimenter des concepts originaux. Le premier est le SVP-24 (pour Special Computing Subsystem), un système utilisant la navigation satellitaire russe, pour déterminer l’enveloppe optimale de largage d’une munition « lisse » [non guidée]. Il permet de disposer avec une flotte rustique d’une capacité de frappes proche d’une force plus sophistiquée et bien plus coûteuse.

Le deuxième est l’idée de renouer avec l’« infanterie motorisée ultra-légère », autrement dit une infanterie dotée de véhicules tous terrains légers et rapides. Le dernier est le « véhicule d’escorte », aperçu depuis cet été. C’est un véhicule intermédiaire disposant d’une très grande puissance de feu de saturation, complémentaire d’un char de bataille. Il constitue une remarquable arme « anti-antichars » (mais aussi antiaérienne et peut-être antidrone) et favorise l’emploi des chars de bataille, notamment en milieu urbain. Avec seulement un véhicule et trois hommes d’équipage, il est peut-être aussi efficace qu’un peloton d’appui direct complet des régiments Leclerc, avec ses trois VAB canons de 20 mm. Il constitue également un excellent moyen d’appui direct de l’infanterie. »


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vendredi 15 septembre 2017

Lénine, proviseur de lycée et satrape oriental

Il y a quelques mois (ou plutôt quelques années ! Mon Dieu, le temps passe...) j'ai parlé de ma visite au mausolée de Lénine sur la place Rouge.

Récemment, je suis tombé sur un texte de Claude Simon, prix Nobel de littérature (1985). Pour vous, cet extrait de L'Acacia.

(...) à la porte encadrée par les deux nouveaux gardes aux armes astiquées comme des miroirs, aussi immobiles que s'ils avaient été coulés dans de la cire, avec cette différence que celle-là (la cire) respirait imperceptiblement tandis que ce auprès de quoi ils montaient la garde ne semblait rien d'autre qu'une momie desséchée, avec une petite tête jaune aux méplats de Mongol, à la courte barbiche repeignée sans doute tous les matins par les embaumeurs, l'air à la fois d'un proviseur de lycée et d'un satrape oriental, barbare, pédant et impitoyable, reposant sous un projecteur comme à l'intérieur d'un reliquaire dans un silence de crypte rendu plus silencieux encore par le religieux chuintement des pieds traînant sur le sol de marbre tandis que défilaient dans la pénombre, ectoplasmiques, fascinés et craintifs, coiffés de casquettes ou entourés d'un châle, les masques ridés, couleur de pommes cuites, venus du fond de l'Asie, les têtes blondes d'enfants, se succédant lentement, comme suspendus à un invisible fil, traînant avec eux de tièdes et suffocants relents de chou aigre, d'huile rance et de corps mal lavés (...)


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lundi 31 juillet 2017

Précepteur en Russie pour 5000 euros par mois ?

Dans le roman DOUBROVSKI de Pouchkine, j'aime le passage où le précepteur français - victime d'une blague de son maître, un riche seigneur russe - se retrouve enfermé dans une pièce avec un ours affamé.

Le Français garde son sang-froid et abat l'animal avec le revolver qu'il portait en cachette, ce qui provoque l'admiration de la jeune et belle Maria, la fille du maître.

En fait, le précepteur français n'était ni précepteur ni français ! Il s'agissait de Doubrovski, le héros de l'histoire, qui préparait sa vengeance sous ce déguisement...

Au XIXe siècle, la tradition du précepteur français était bien établie dans les familles de l'aristocratie russse, et de nombreux romans en gardent la mémoire.

Aujourd'hui cette tradition est en partie réactivée avec quelques différences notables :  les oligarques ont remplacé les aristocrates, les précepteurs se nomment "gouvernor" " tutor" ou "nanny", et les Français ont laissé la place aux Anglais.

80% des postes proposés concernent des Anglais. Les Français, les Allemands, les Italiens et les Chinois se partagent les 20% qui restent.

Alors, "précepteur" dans une famille russe, en Russie, en France, en Angleterre, en Floride ou à Dubaï, pour 4000 ou 5000 euros par mois, ça vous tente ? Si oui, jetez un coup d'oeil aux annonces proposés sur les sites suivants :

L'agence GOUVERNEUR INTERNATIONAL

L'agence DUKE AND DUCHESS 

Le travail est très bien payé mais il faut souvent savoir mettre un peu de son orgueil romantique de côté car dans bien des familles d'oligarques, le "précepteur", même bien traité,  n'est considéré que comme un domestique parmi d'autres, au même titre que le cuisinier, le chauffeur ou le maître de musique.


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lundi 24 juillet 2017

TO AZIZI (toi, mon amour) !

Il est des musiques qu'il faut écouter à la nuit tombante, dans la fumée d'un narguilé, les pieds dans les herbes fragiles.

Cela était. Cela sera. Cela est-il ?

Et Afshin Mariwani, ce kurde d'Iran au timbre féminin, nous murmure les réponses dans le creux de l'oreille.

Quant au clip, 100% orientalo-romantique, il n'est pas forcément nécessaire de le visionner, la musique suffit...





vendredi 21 juillet 2017

Masha, Michka et le pirajok !

Un pirajok, des pirajki !

Aujourd'hui je vais vous parler des pirajki, ces délicieux petits pains qui font partie de la culture populaire et culinaire russe.

On les trouve dans le conte Masha et Medved (dont s'inspire très librement le dessin-animé),



On les trouve dans les cantines, dans les "traktirs" et, pour de très nombreuses occasions, sur les tables russes.

Les pirajki sont le plus souvent fourrés avec des oeufs et du choux ou des oeufs et des oignons verts. Mais ils peuvent aussi être sucrés et fourrés avec des pommes, des poires ou de la confiture.


Pour vous,  de mémoire - hélas imparfaite - la recette... aussi simple qu'un verre de vodka.

Pour la garniture salée, voilà :





Les oignons, comme les choux, doivent être coupés et revenus dans la poêle. Sel, poivre.



Pour la pâte, il faut de la farine, un peu de lait, quelques cuillères d'huile et un peu de levure.

On mélange le tout jusqu'à obtention d'un pâte homogène, collante et un peu trempée.

On laisse reposer deux bonnes heures dans un plat : sous l'effet de la levure, la pâte doit vraiment gonfler.



On forme alors des petites boules



On les étale comme des petites crêpes, on met la garniture




On referme



On retourne,




Au four le temps qu'il faut et à table !






приятного аппетита !!!




N'hésitez pas à apporter des précisions sur la recette, 
l'objectif étant de permettre aux lecteurs de se régaler !


vendredi 16 juin 2017

Une belle escale à Istanbul

"Pour être heureux, il faut s'entourer de gens heureux", a dit Hugo Pratt - ou l'un de ses personnages - quelque part dans son oeuvre labyrinthique.

Sage conseil.

J'ai donc décidé depuis quelques semaines de couper totalement la radio et les journaux (télévisés ou en ligne) qui sont comme d'affreux amis qui vous sucent le sang et vous prennent votre énergie.

Trois très bonnes raisons de le faire :

1/ Tout d'abord, les médias dominants (Le Monde, Libé, TF1, France Info...) appartiennent à des groupes industriels ou à l'Etat. Leur parole - qui n'est pas une parole libre mais servile - ne mérite pas d'être écoutée.

2/ Ensuite, 80% des nouvelles véhiculées par ces médias sont des nouvelles catastrophiques qui ne nous concernent en rien. Elles font juste grandir la peur dans nos esprits et nourrissent nos pulsions morbides.

3/ Enfin, couper les informations, c'est reprendre du souffle, du temps et de l'espoir. Santé du corps et santé de l'esprit.

***

Dans des précédents posts, j'ai pas mal parlé d'Istanbul et de la Turquie (les attentats, la guerre...), aujourd'hui, je veux juste mettre en ligne quelques photos de ma dernière escale à Istanbul.

Une escale touristique ensoleillée et heureuse de 15 heures avec balade à la tour Galata, promenade en mer sur le Bosphore, et dégustation de poissons grillés sur la Corne d'Or.























Coup de coeur pour cette ville-monde... en fait... Istanbul,
 avec ses somptueux palais au bord de l'eau, c'est Byzance !

dimanche 14 mai 2017

RUSSIE-TURQUIE, vers l'apaisement

Il y a un an, suite à la destruction d’un chasseur-bombardier russe dans le ciel turco-syrien, l’ambiance était devenue épouvantable entre la Russie et la Turquie.

Des mesures inamicales avaient été prises de part et d’autre : soutien russe aux troupes kurdes de Syrie considérées comme terroristes par Ankara, abrogation de la dispense de visa pour les citoyens turcs désireux de se rendre en Russie, et interdiction des importations turques, notamment des fruits et légumes. Sans compter le gel de nombreux projets de types gazoducs…

Je me souviens des vols d’Aeroflot, alors complètement vides entre Istanbul et Moscou : une fois le commandant de bord était même venu superviser en personne l’enregistrement des bagages et rassurer les quelques passagers. Plus un seul Russe ne désirait passer ses vacances en Turquie, eux qui étaient pourtant la première nationalité touristique du pays.

Mais depuis quelques mois, le réchauffement  - motivé par de solides raisons pragmatiques visant à rompre l’isolement ou la méfiance américano-européenne - est réel.

Ce réchauffement, je le constate à ma petite échelle.

Avant, pour me rendre d’Erbil à Togliatti, il me fallait 24 heures, trois avions et de très longs transits : Erbil-Istanbul / Istanbul-Moscou / Moscou – Togliatti.

Depuis quelques semaines, tout est changé.  Il  y a maintenant trois compagnies turques qui desservent directement Samara depuis Istanbul : Atlas Global, Pegasus et  Turkish Airlines. Mon temps de transport a été divisé par deux.

Au passage, je constate que même depuis Paris, il est plus économique de se rendre à Samara en transitant par Istanbul que par Moscou !

L’Airbus A320 de la compagnie Atlas Global  - plein de touristes russes ravis de se rendre en Turquie -   me paraît être finalement beaucoup plus qu’un simple aéronef…

Cet avion,  c’est un symbole,  c’est une colombe de la paix qui - donnant raison à Voltaire dans sa Lettre sur le commerce - « contribue au bonheur du monde ».