samedi 18 novembre 2017

KURDISTAN : en route vers le Nirvana !

Barzani vient de démissionner, qui sera le nouveau président du Kurdistan ? 
"LE" mais pourquoi pas "LA" présidente ? 
Et pourquoi pas "LA JEUNE" présidente ? 
Et pourquoi pas somme toute NIRVANA, cette artiste kurde - à qui j'ai eu la chance de donner quelques cours de français dernièrement - cette artiste kurde d'à peine 17 ans qui porte si bien et si mal son nom ? 

Écorchée vive comme et son pays 
Perdue comme son pays
Pleine du désir d'un jour meilleur, comme son pays 
Par-delà la religion trop souvent castratrice 
Par delà le poids des traditions mortifères
Avec cette souffrance dans la chair que la fumée de la chicha, la prière, l'amour, et la molécule d'alcool anesthésient dans une vibration sensuellement triste, éphémère, et colorée de l'être.

Nirvana 17 ans  - ou le Kurdistan tel que vous ne l'imaginiez pas.





one soul in two bodies









tittie


you are a venomous cunt






Pour découvrir toutes les œuvres de Nirvana, c'est par ici.
On espère une expo à Paris en 2018 !


dimanche 22 octobre 2017

IRAK : nouvelle victoire de l'Etat Islamique

Il y a quelques mois j'avais parlé de cette nouvelle loi du gouvernement irakien qui interdisait la production, la vente et la consommation d'alcool sur tout le territoire d'Irak : une loi 100% daecho-compatible qui signifiait la mort économique d'une bonne partie de la population chrétienne et yésidi. Comme une balle dans la nuque pour s'assurer que le mort reste bien mort.

L'agence FIDES nous apprend ces jours-ci qu'à Mossoul - Mossoul qu'on croyait libérée de l'Etat Islamique - l'accès à l'université est interdit aux étudiantes non voilées.




Daech est mort, vive Daech !



Kurdistan : vers l'embargo et avec le sourire...

Les mails du consulat d'Erbil se suivent mais ne se ressemblent pas.

Dans un post précédent, je m'interrogeai sur le devenir de cette affaire kurde : tragédie ? drame ? comédie ? farce ?

Impression que le consulat essaie de masquer la tragédie qui vient en se réfugiant derrière la farce...

* * *

Afin de partager un moment de convivialité, le Consul général de France à Erbil a le plaisir de vous inviter à une « soirée embargo »qui se tiendra le mercredi 25 octobre à partir de 19h00 à l’école française internationale Danielle Mitterrand (derrière le Lebanese village).

Au programme  : J exercice de regroupement autour d’un apéritif, dégustation de rations militaires et test de la « réserve stratégique » (mais non millésimée) du consulat général J

Attention, cette invitation vous sera demandée à l’entrée de l’école. Elle ne peut être transférée et elle strictement réservée aux membres de notre communauté française inscrits au consulat.  

* * *

Des smileys dans un mail du ministère des affaires étrangères... Villepin reviens !

samedi 21 octobre 2017

Kurdistan : éloge du président BARZANI

Obscurisverainvolvens - lecteur fidèle de ce blog - répond, ou plutôt réplique, à Jean Pierre Filiu dont j'avais présenté un article dans le post intitulé, Les Kurdes et le Minotaure.

BARZANI, serait-il le Thésée kurde ?

Картинки по запросу thésée et le minotaure


Cher Grog,

Le problème avec tous ces soi-disant experts est que leur méthode et leurs modèles politiques sont des modèles virtuels inexistants, très éloignés de la pratique politique réelle, y compris dans les pays dont ils sont citoyens….

Ainsi l’un des arguments de l’auteur contre le référendum et l’indépendance serait    « l’avènement d’un Etat-PDK, fondé sur la redistribution clientéliste de la rente pétrolière » or cette pratique a été et est toujours la norme dans la France des socialistes. En particulier dans les agglomérations dites « populaires »... la redistribution clientéliste étant même le SEUL moteur politique ; toute personne ayant eu affaire avec le milieu associatif peut en témoigner.
Macron parlait dans son livre de plusieurs milliards d’euros d’inversion dans                « l’innovation bla bla bla », traduction : dans la redistribution clientéliste, destinée à garantir sa perpétuation au pouvoir.

L’autre critique concerne le fait que le conseil du leadership du Kurdistan ne serait pas une instance élue : « Cette instance, le Conseil du leadership du Kurdistan-Irak, non élue est peuplée de partisans inconditionnels de Barzani, dont le maintien au pouvoir est ainsi garanti sans limitation dans le temps. » 

Belle blague, Morsi et sa clique étaient le fruit des « élections libres»… De l’autre côté de la médaille : d’après l’analyse post-mortem de l’élection française 8 individus sur 10 N’ONT pas voté pour Œdipe Macron, la majorité s’étant abstenue, voté blanc ou nul ou voté pour un autre candidat. D'ailleurs tant mieux! Si par malheur la majorité avait eu une voix unie, cohérente, elle aurait choisi un candidat socialiste voire national socialiste.

Certes la légalité est là, mais peut-on parler de légitimité, d’ELECTION au sens large ? Ou pis encore de représentativité ? Est-elle souhaitable quand la plupart d’une population a été abrutie/endoctrinée avec une idéologie mortifère, comme le marxisme?

Dans ces conditions le président Barzani représente plus légitimement, plus authentiquement et avec plus de force les aspirations de son peuple que Macron ou même que Mister Trump et en termes historiques le moment le plus propice est toujours le moment actuel.

Une autre tare, typique dans les analyses issues de l’intelligentsia soixante-huitarde et de ses héritiers, en est celle de la haine du père exprimé par la méfiance face à l’homme fort. D'où découle, instinctivement, tragiquement, ce manque de volontarisme, ce scepticisme face au volontarisme des êtres plus sains, plus forts, en l’occurrence face au volontarisme du peuple kurde.
Dans ce cas-ci l’intelligence et l’instinct du président Barzani et du peuple Kurde sont plus vrais que les couardises des intellectuels occidentaux (deconstructeurs déconstruits).

Obscurisverainvolvens



Похожее изображение
Barzani, jeune peshmerga, beau comme le fils d'Egée.



jeudi 19 octobre 2017

DEPARDIEU VODKA BANIA


Lu ces jours-ci l'excellent GERARD cinq années dans les pattes de Depardieu de Mathieu SAPIN - on y découvre Gérard le Russe qui sillonne avec amour l'ex-URSS et la Russie.

Quelques planches pour vous donner envie de lire la BD, ou peut-être pour vous donner envie d'aller faire un tour au bania et de vous faire fouetter avec des branches de sapin ou de bouleau !













lundi 16 octobre 2017

Kurdistan, vers la guerre ?

Reçu ce matin ce mail du consulat de France à Erbil.

Des affrontements armés avec usage d'armes lourdes sont en cours dans le gouvernorat de Kirkouk  et notamment au sud-ouest de la ville. Ils opposent les peshmergas aux forces irakiennes fédérales et à la mobilisation populaire. 

Ces affrontements devraient rester localisés à cette zone. Les autres régions au Kurdistan d'Irak ne sont pas menacées actuellement. 

Il est recommandé de continuer d'éviter le gouvernorat de Kirkouk. 

Par ailleurs, la frontière entre le Kurdistan d'Irak et l'Iran a été fermée  hier pour tout passage fret et personnes. 

Nous continuerons de vous tenir informés des derniers développements.

dimanche 15 octobre 2017

IRAK : l'insoutenable misère des chrétiens déplacés

De retour au Kurdistan fin septembre 2017, monsieur Brélaz a eu la gentillesse de me transmettre l'article que voici.

* * *

Kurdistan

Tout d'abord, un petit traité de géopolitique...

Le peuple kurde vit sur plusieurs pays, l'est de la Turquie, le nord de la Syrie et de l'Irak et l'ouest de l'Iran. Ces territoires ont toujours été une poudrière, les kurdes revendiquant leur autonomie.

 En 1991 le nord de l'Irak, un territoire grand comme la Suisse, négocie une certaine autonomie avec le gouvernement de Bagdhad et cela donne la Région autonome du Kurdistan

Le 25 septembre 2017 le parlement du Kurdistan organise un référendum sur la question suivante : « Acceptez-vous l'ouverture de négociations devant aboutir à l'indépendance de la Région autonome du Kurdistan ? »

Dès l'annonce de ce référendum, la Turquie, la Syrie, l'Iran et le parlement de Bagdhad manifestent leur opposition  à cette volonté sécessionniste acceptée par 92,73% des votants.

J'étais à Erbil la semaine précédent le vote et constaté que le référendum n'était pas démocratique, les opposants n'ayant pas la voix au chapitre et il n'y a pas eu de débat contradictoire. A la télévision, la quasi totalité du temps d'antenne était consacré à glorifier le OUI.

Erbil compte une importante communauté chrétienne et les villes et villages proches de la frontière  mais sur territoire irakien sont également chrétiens. La frontière est réelle et pour aller de Erbil à Qaraqosh, en Irak, 65 km. j'ai du franchir pas moins de 6 check-points.


L'insoutenable misère des chrétiens déplacés

A Pâques 2016, préoccupé par la situation des chrétiens d'Irak, je suis allé à Erbil et fait quelques connaissances. La France a un consulat dans cette ville et ceux qui désirent émigrer dans ce pays y demandent un visa. 

C'est ainsi que 2 mois plus tard je retrouvais à Lyon 2 familles venues tenter leur chance en France. Si l'une s'est bien adaptée, l'autre a eu de réelles difficultés, notamment au point de vue de l'apprentissage de français. Tant et si bien que le 14 avril 2017 Dounia, son époux et ses 3 enfants retournent à Erbil, ou plutôt à Kasnazan où la famille a vécu dans un camp de personnes déplacées avant le départ pour la France.

Leur maison de Qaraqosh étant intacte, la famille décide de retourner dans cette ville où les gens qui avaient fui reviennent petit à petit. En effet, le gouvernement d'Erbil semble pressé de fermer les camps de personnes déplacées. Le mari reprend son métier de barbier, les affaires ne sont pas brillantes mais la famille est dans son élément. Toutefois, c'est une ville où les services, notamment la poste, ne fonctionnent pas. Quant' à l'école, elle devrait reprendre en novembre au lieu d'octobre. Ils sont relativement favorisés.

Nidal, son mari et leurs 3 enfants habitaient Bartella, village chrétien en Irak. Lors de l'arrivée de Daech ils fuient direction Erbil. A la frontière un soldat de Daech leur demande de se convertir à l'islam, ce qu'ils refusent. Alors le soldat tape sur la tête de la dernière-née qui n'a que 2 mois. Le père proteste : on lui passe des menottes et on l'emmène. Sa famille ne le reverra jamais...
Nidal vit avec ses 3 enfants et sa mère à Ankava, le quartier chrétien d'Erbil dans un logement des plus sommaire à tout de même 300.- francs par mois. Elle fait des ménages mais cela ne lui suffit pas. Depuis son agression au passage de la frontière, la dernière-née fait des crises genre épilepsie et sa mère n'a pas les moyens d'acheter des médicaments, tout comme la grand-mère qui a du diabète...
La grand-mère est amère. Elle me dit : A un moment donné, une famille chrétienne assez aisée a fui Mossoul, je leur ai donné un étage de ma maison sans demander d'argent, et les propriétaires de notre logement, qui sont aussi des chrétiens aisés, nous demandent trop.
Sa maison ayant été incendiée, elle ne peut pas retourner à Bartella et les aides, notamment de l'église, diminuent, voire sont supprimées.

Bassima, aussi, vit une situation pénible. Séparée de son mari, elle habitait également  Bartella. A l'arrivée de Daech, elle ne s'en aperçoit pas tout de suite, et elle reste seule avec sa mère et sa fille alors que les autres habitants ont quitté le village. Elle cohabitera 45 jours avec eux mais, ils ont été corrects. Finalement elle réussit à s'enfuir à Mossoul où elle  y restera jusqu'au printemps dernier. Devant quitter cette ville, elle se réfugie à Erbil.
Je vais chez elle un début de soirée. La pièce principale est quasiment vide, sauf un lit contre chaque paroi.
Et au milieu de la pièce, à même le sol excepté une couverture, la grand-mère de 87 ans gémit. Elle est malade, on ne sait pas exactement ce qu'elle a mais de toute manière il n'y a pas d'argent pour acheter des médicaments...
Par mesure d'économie le frigo est débranché. Dans ce cas aussi, les aides diminuent. Les églises et diverses associations n'ont plus d'argent.
Elle a une soeur qui vit avec mais celle-ci, qui travaille, aimerait avoir un logement personnel.
Bassima vit au rez-de chaussée d'une villa pour 400.- francs de loyer mensuel ; elle devrait avant tout chercher un logement meilleur marché. Et elle me fait remarquer qu'il n'y a même pas de tapis sur le sol et rien pour se chauffer en hiver.
Sa fille a 10 ans mais n'a jamais été à l'école ! A Bartella, comme on commence l'école à 7 ans, elle n'avait pas l'âge, à Mossoul, comme il y avait beaucoup d'insécurité, les enfants n'allaient pas à l'école et lors de l'arrivée à Erbil c'était les vacances.

Et, pour ne pas être trop long, je passe brièvement sur les histoires de Fars, l'électricien de Bagdhad qui a fui cette ville en 2012 à cause de l'insécurité et travaille maintenant comme chauffeur de taxi au noir à Erbil. Tout comme la vie de Hanna, de son mari et leurs 7 enfants qui végètent dans 2 containers dans le camp de Ashti 2 après avoir été trimbalés d'un camp à l'autre, y compris dans une maison sans toit !

En conclusion, l'avenir n'est pas radieux pour les déplacés, les églises n'ont plus d'argent, les ONG de même et diminuent leur personnel. L' Etat veut fermer au plus vite les camps comme il l'a fait avec Mar Elia et Kasnazan. Les déplacés dont la maison a été démolie ou incendiée sont dans une situation difficile, d'autant plus que les personnes qui avaient été en Jordanie dans le but d'aller en Australie et dont la demande a été refusée reviennent à Erbil.

* * * 

Il faut bien-sûr prier pour les chrétiens d'Irak, on peut aussi les aider en s'engageant financièrement ou physiquement auprès des associations suivantes :



mercredi 11 octobre 2017

Les Russes savent-ils rire ?

Mais oui, la preuve avec les blagues LADA !




Que trouve-t-on à la 1ère page du manuel d’utilisation d’une Lada ?

L’horaire des bus !


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Pourquoi a-t-on mis des poignées à l’arrière des Ladas ?


Pour qu’elles soient plus faciles à pousser.

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A quoi reconnait-on une Lada série sport ?


Au chauffeur en survêtement.

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 Comment se procure-t-on des pièces détachées d’une Lada ?

 On suit une autre Lada !

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Combien de temps de trajet pour aller en Lada de Bruxelles à Paris ?

On s’en fout ! Le plus rapide est d’y aller à pied.

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Une bouse de vache demande à une Lada :
– Qu’est-ce que tu es ?
La Lada répond :
– Une voiture.
Et la bouse répond :
– Oui, et moi je suis une pizza…

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Quelle est la différence entre une Lada et les Témoins de Jéhovah ?

Avec les Témoins de Jéhovah, vous pouvez au moins fermer la porte.

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Combien de personnes peut-on mettre dans une Lada ?

Tout dépend de la puissance de la dépanneuse.

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Qu’est-ce qu’une Lada au sommet d’une colline ?

Un miracle.


dimanche 8 octobre 2017

Les Kurdes et le Minotaure

Un article de Jean-Pierre Filiu qui me semble remarquable sur la labyrinthique situation au Kurdistan d'Irak.

Les Kurdes pris au piège du référendum

Le référendum, loin de faire avancer la cause kurde, s’avère n’être qu’une manoeuvre politicienne du président Barzani pour consolider un pouvoir sans partage.


Kurdes d’Irak agitant leur drapeau national après le triomphe du vote indépendantiste
Deux semaines se sont écoulées depuis que, le 25 septembre 2017, le Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) a organisé un référendum sur l’indépendance du Kurdistan d’Irak. Le score de 92% en faveur de cette indépendance est peu surprenant dans une zone où, depuis de longues années, le seul drapeau irakien à encore flotter l’était… sur la résidence de Massoud Barzani, président du GRK, forcé de reconnaître au moins symboliquement son appartenance à l’Irak. Partout ailleurs, seul le drapeau kurde prévalait, la langue kurde ayant supplanté l’arabe comme langue d’administration et d’enseignement.
LA FUITE EN AVANT DU GRK/PDK
Le GRK gérait souverainement ses frontières terrestres et aériennes, délivrant une autorisation d’entrée indépendante du visa accordé par les autorités de Bagdad. Cette autonomie très poussée était renforcée par les relations directes établies avec le GRK par la coalition anti-Daech dans le domaine militaire, ainsi que par les partenariats directs établis dans le domaine économique avec la Turquie et, dans une moindre mesure, l’Iran. C’est dire que la cause kurde et la population concernée n’avaient rien à gagner à compromettre ces avantages multiformes en s’engageant dans la voie d’une rupture indépendantiste.
D’un séjour au Kurdistan d’Irak en avril dernier, j’avais retiré la conviction, exprimée sur ce blog, d’une « question kurde dans l’impasse« . Je soulignais que le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), la formation historique du nationalisme kurde, gérait le GRK de manière de plus en plus autoritaire. La crise d’octobre 2015 avait retiré toute légitimité démocratique à son président Barzani, dont les milices (peshmergas) et les services de sécurité (assayich) sévissaient à l’encontre de l’opposition organisée et de la société civile. Cette répression à l’intérieur du GRK s’aggravait d’une rivalité ouverte entre le PDK et le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), qui a pris le contrôle dans la Syrie voisine d’un territoire désigné sous le nom de « Rojava »
Je mettais en garde contre la manipulation par le PDK de la tenue même d’un référendum pour enterrer toute autre échéance électorale qui risquerait de lui être défavorable.  « Nul doute qu’une écrasante majorité de la population se prononcerait en faveur de l’indépendance du GRK. Mais cela signerait l’avènement d’un Etat-PDK, fondé sur la redistribution clientéliste de la rente pétrolière, d’une part, et sur ... (la suite sur le blog de l'auteur)

vendredi 6 octobre 2017

AVTOVAZ, c'est l'immensité

Toujours dans les Echos du 26 septembre 2017, cet autre article d'Anne Feitz sur Togliatti. 

Une remarque - et contrairement à ce qui est dit dans l'article - le salaire moyen des ouvriers qui travaillent à l'usine AvtoVaz n'est pas de 32000 roubles mais oscille généralement entre 15000 et 25000, selon l'ancienneté et la qualification : soit entre 200 et 350 euros mensuel.


* * *
La plus grande usine d’AvtoVAZ (Renault), qui employait 150.000 personnes à la grande époque soviétique, compte aujourd’hui 36.300 salariés.


Ce qui frappe d’abord en arrivant à l’usine d’AvotVAZ à Togliatti, c’est l’immensité : des bâtiments gris et vieillots qui se succèdent à perte de vue, sur une surface de 600 hectares. Dominés par une tour bleue, devenue l’emblème de cette ville nouvelle du district de la Volga, les hangars géants ont autrefois abrité plus de 150.000 salariés, employés à produire pendant cinquante ans une voiture devenue mythique : la fameuse Lada. 

Картинки по запросу avtovaz togliatti

A y regarder de plus près, pourtant, on réalise que les temps ont changé dans cette usine réputée l’une des plus grandes au monde. Certains de ses bâtiments sont désaffectés. Et dans ceux où la production bat son plein, le regard est happé par de grands espaces vides… 

C’est que, ces dernières années, une petite révolution s’est mise en marche à Togliatti. Depuis l’entrée de Renault au capital d’AvtoVAZ en 2008, les effectifs y ont été divisés par trois – de 106.000 à 36.300 aujourd’hui – et les méthodes de production modernisées. Culture d’efficacité « Nous nous mettons aux standards de l’Alliance », ont martelé à l’infini les manageurs d’AvtoVAZ chargés de nous faire visiter l’usine. 

Картинки по запросу avtovaz togliatti

Le nombre des lignes de production a déjà été réduit, de 5 à 3. « En outre, nous compactons les lignes pour être plus efficaces, nous optimisons l’utilisation de l’espace… », explique Ales Bratoz, directeur de la production et de la supply chain d’AvtoVAZ. Un peu partout, des photos des salariés les plus performants témoignent aussi des efforts accomplis pour introduire une culture d’efficacité. Des systèmes de primes ont été instaurés. « Elles sont basées sur la qualité, sur les résultats, c’est un peu difficile tant que nous ne sommes pas profitables », indique Nicolas Maure, le PDG d’AvtoVAZ. 

Le dirigeant le reconnaît, il reste encore du chemin à parcourir : la productivité reste chez AvtoVAZ inférieure de 20 % à la moyenne du groupe. Alors que les méthodesmusclées de son prédécesseur ont provoqué quelques remous (elles lui ont d’ailleurs coûté son poste il y a dix-huit mois), lui a dû arrondir les angles. 

Картинки по запросу avtovaz togliatti

Même si, avec un salaire moyen de 32.000 roubles par mois (450 euros), la robotisation ne s’impose pas à tout prix, il souhaite encore alléger l’effectif et a entrepris pour cela d’attirer des entreprises sur le parc industriel local : la banque Sberbank, le fabricant de moules industriels Metallist et le spécialiste des radiateurs Heizkörper ont déjà signé, apportant au total près de 1.500 emplois. Le constructeur, qui visait-il y a quelques années un effectif de 30.000 personnes d’ici à 2020, n’affiche plus d’objectif chiffré. Mais Nicolas Maure espère bien réussir à hisser l’usine au niveau moyen de l’Alliance. « Sur la qualité, on y est. Sur la productivité, on vise plutôt 2020-2021 », affirme-t-il.